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Histoires Initiatiques

Initiatiques quand on les interprète avec profondeur, comme Alejandro Jodorowsky sait si bien le faire, il en a interprété beaucoup dans ses conférences Cabaret Mystique, plusieurs de ces histoires me restant comme des bijoux précieux et éclairant chaque jour de ma vie, je ne sais plus si les interprétations que je vais en faire ici sont d'Alejandro, ou des leçons tirées de mes propres expériences, et puis on peut toujours faire une interprétation de l'interprétation comme Alexandro fait avec les Koans Zen dans son livre "Le doigt et la lune" (aux éditions Albin Michel).




Diable et Ange

Un chat tient par la queue une souris qu'il vient d'attraper, mais il se questionne :
« Faut-il la manger ou est-ce que c'est mal ? »
Alors apparaissent chacun dans un petit nuage, d'un côté un ange et de l'autre un diable.
Le diable dit au chat avec un ton diabolique : « Mange la ! »
L'ange lui dit avec un ton angélique : « Mange la »


C'est un dessin de l'album de Philippe GELUCK "La vengeance du chat" page 78,
c'est le seul petit éclair de génie que j'ai trouvé dans cet album, c'est très initiatique.
Ça veut dire que quand tu écoute ta nature profonde, c'est en dehors des notions de bien et de mal, il n'y a pas d'opposition ni de choix à faire, le chat est un carnassier, sa nature profonde c'est de manger des souris, donc dans ce cas d'un chat qui parle et réfléchit comme un humain, ces deux allégorie judéo-chrétienne diable et ange, protagoniste et antagoniste, lui disent la même chose : « Mange la. »

Tant que tu es prisonnier d'un choix entre faire et ne pas faire, fumer c'est bon, mais c'est mauvais, et
"du coup je me demande si je ne vais pas aller plus mal en me faisant l'avocat du diable que de me laisser à mes plaisirs sans me frustrer."
tu tournes en rond, tu n'évolues pas spirituellement, et tu trouveras toujours des gens pour te prouver l'un ou l'autre.
Seul l'écoute de ce que te dit ta nature profonde est la bonne voie.

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La femme adultère

Les scribes et les pharisiens amènent à Jésus une femme adultère, lui disant que dans la Loi, Moïse a intimé de lapider de telles femmes. Et Jésus leur dit :
« Que celui qui n'a jamais péché lui jette la première pierre. »
A ce moment, la femme se prend une pierre en pleine tronche, Jésus se retourne :
« Maman ! Je t'avais dit de rester à la maison. »


Marie la mère de Jésus n'a jamais péché, elle est pure, vierge, métaphoriquement ça veut dire qu'elle n'a jamais dit du mal de quelqu'un.
Alors que je donne cette interprétation à un camarade barbare psychologique, il me dit énervé :
« C'est pas possible de ne jamais dire du mal de quelqu'un. »
Alors je lui demande :
« est-ce possible de rester une minute sans dire du mal de quelqu'un ?
- Oui.
- est-ce possible de rester une heure sans dire du mal de quelqu'un ?
- Oui.
- Est-ce possible de rester une journée sans dire du mal de quelqu'un ? »
Et là ça commence à coincer, on arrive naturellement aux limites de la personne.
Maintenant je ne dis plus "Chacun ses goûts" mais "Chacun ses limites".

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La queue de la vache

Une vache à réussi à passer dans le trou d'un mur gros comme une cerise, seulement la queue est resté coincée.


C'est une belle métaphore.
Il y a des gens qui étudient beaucoup, savent plein de choses, font multitude de stages en tout genre, peuvent parler dans une conférence pendant des heures, mais sont encore prisonniers dans des schémas socioculturels, une auto-destruction tabac et/ou alcool, et feront tout pour la défendre.
C'est ça la queue qui reste coincée.
Ces personnes croient avoir beaucoup avancé, mais elle sont statiques et persistantes.
Jodo nous a souvent dit qu'il avait rencontré des maîtres mais surtout beaucoup de centimaîtres et de millimaîtres.

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Pipi caca

Un gars arrive chez le psychologue en pleurant, le thérapeute lui demande ce qui ne va pas :
« Toutes les nuits je rêve qu'un petit bonhomme rouge avec un chapeau rouge arrive et me demande :
« Est-ce que tu veux faire pipi avec moi »
et chaque fois je fais pipi au lit. Ouah c'est terrible !
- D'accord, dit le psychologue, la nuit prochaine avant de vous endormir vous répéterez plusieurs fois « Non merci j'ai déjà fait ». »
Le soir suivant, en se couchant, le pauvre gars répète la phrase « Non merci j'ai déjà fait, Non merci j'ai déjà fait, Non merci j'ai déjà fait... » et il s'endort.
Le lendemain il retourne chez le psychologue en pleurant :
« Ouah c'est terrible !
- Qu'est-ce qui s'est passé ?
- Le bonhomme rouge avec un chapeau rouge est arrivé, il m'a demandé : « Est-ce que tu veux faire pipi avec moi ? » alors j'ai répondu : « Non merci j'ai déjà fait » et à ce moment là il m'a demandé : « Alors, est-ce que tu veux faire caca avec moi ? » »


Le psychologue est un mauvais thérapeute, le problème n'est pas résolu, il a seulement changé de forme.

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Un vieil os

C'est l'histoire d'un chien qui est très maigre et qui a très faim.
Il trouve un vieil os tout sec, il commence à le ronger et se blesse les gencives, il saigne ;
et tout à coup le goût du sang l'excite, il trouve l'os très bon et le ronge avec encore plus de vigueur, se blesse et saigne de plus en plus.
Quelle merveille, cet os est tellement bon.


Celle-là je l'adore.
Il y a des pensés, des sentiments des désirs et des actions très destructeurs pour les humains et la planète, mais on est tellement persuadé qu'ils sont bons, qu'on continu a les exprimer, les transmettre comme des maximes universelles, et ainsi les humains souffrent encore plus, et plus ils souffrent, plus ont trouve ces lieux communs bons et valables, c'est un serpent qui se mord la queue.

Par exemple toutes ces philosophies basée sur des notions de bien et de mal, comme l'homme porte le mal dans lui, les enfants sont pervers et ont un mauvais fond qu'il faut redresser à coup de baffes dans la tronche et de coups de pieds au cul.
Mais le simple fait d'introjecter de tels concepts dans le cerveau d'un enfant est déjà un traumatisme, une fois qu'il sera traumatisé et qu'à cause de ce traumatisme, il exprimera un malaise, voire de l'agressivité, on dira qu'on avait raison, que les enfants ont un mauvais fond, et on pourra continuer à le traiter comme un chien sans scrupule.

Et plus ces pensées folles circulent, plus les enfants souffrent et plus on trouve qu'elle sont bonnes.
Les pensées folles, les sentiments impurs, les désirs destructifs et les actions criminelles sont des os tous secs qui nous blessent et nous font saigner, mais le plaisir masochiste de la souffrance psychologique nous les fait trouver bons, alors qu'on est en train de perdre la vie.

Marivaux a dit dans l'Éducation d'un prince :

« il faut avoir des vertus pour s'apercevoir qu'on en manque, ou du moins pour être fâché de n'en point avoir »

Tant qu'on a pas enlevé une chose qui nous pèse, on ne peut pas savoir si on va se sentir mieux, tant qu'on ne fait pas un pas vers des expériences de recadrage et de modification de sa façon de vivre, on ne verra pas ses maladies et son niveau de misère spirituelle, et on ira vers des gens comme nous qui ne nous dérangerons pas dans notre routine.

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